Cas des bouillons en Guinée : le regard de la Plate-forme de la Société Civile COJELPAID et APAD

La Plate-forme de la Société Civile COJELPAID et APaD Guinée a animé, vendredi 30 mars 2018 à Conakry, une conférence de presse afin de faire des dénonciations sur la prolifération  des produits alimentaires sur  nos marchés : Cas des bouillons et le phénomène de Q net en Guinée.

A l’occasion, cette la Plate-forme a fait une déclaration :

« Le présent document fait état d’une situation qui semble échapper au regard des acteurs de défense de droit des citoyen. En dépit de la crise poste électoral que traverse notre pays, avec des pertes en vies humaines et des dégâts matériels considérables, il est illusoire d’ignorer l’envahissement des produits alimentaires sur nos différents marchés affectant dangereusement la santé publique de nos concitoyens à Conakry comme à l’intérieur du pays. Les populations sont submergées par tous types de produits sans mesurer son impact sur leur santé.

En tant que structure de veille, d’alerte et de proposition, il est de notoriété de la société civile de poser un constat en vue d’évaluer l’impact de ces produits qui envahissent le marché guinéen dont la pratique de contrôle de qualité reste douteuse. C’est pourquoi, à la suite de certaines enquêtes, d’échanges et d’analyses sur ces aliments, le réseau CoJeLPaiD et l’ONG APaD-Guinée se sont engagés à développer une série d’actions contre la prolifération de ces différents produits non certifiés à la consommation. C’est le cas des huiles de palme locales dont l’exportation est interdite vers les marchés européens, certaines eaux dites minérales, les poulets et autres viandes importés, certaines marques de lait importé et particulièrement les bouillons, assimilés au ‘’CUBE MAGIE’’.

  1. Diagnostic situationnel

En ce qui concerne les bouillons, la Guinée se retrouve de nos jours assombri par des gammes de bouillons venues de partout dans le monde et même fabriqués localement. Ces produits sont-t-ils soumirent au contrôle adéquat des autorités, notamment des services de contrôle de qualité et du département en charge de la santé ? C’est en cela la grande interrogation à laquelle nos organisations entendent bien comprendre.

Car selon des informations,

Document d’information / Réseau CoJeLPaiD- APaD-Guinée

Conakry mars 2018

 La Chine, avec une population dépassant plus d’un milliard cinq cent million d’habitant, ne dispose pas plus de six marques de bouillons.

 Le Sénégal, pays voisin avec une population dépassant celle de la Guinée, ne possède pas plus de quatre marques.

Ainsi, devant tant de constats qui attirent notre attention et qui nous a amené à s’interroger sur ces marques qui prolifèrent le marché Guinéen au jour le jour, il est d’autant plus inquiétant que notre pays, avec ces douze millions d’habitants, compte, à date, plus de cent marques de bouillons qui se retrouvent dans les assiettes du citoyen guinéen au grand dam de sa santé.

Ainsi, en tant qu’acteurs de la société civile et conscient des conditions de vie des populations, tout en saluant et encourageant l’engagement du Secrétariat Général

Chargé des Services Spéciaux de la Lutte contre la Drogue et le Crime Organisé sous la direction du Colonel Moussa Tiegboro CAMARA, nous nous interrogeons, sur :

 Des informations démontrant la qualité nutritive des éléments constitutifs de ces emballages ;

 L’indifférence des autorités sur l’impact négatif de ces produits ;

 Les documents autorisant l’importation légale de ces produits, notamment ;

 Le certificat phytosanitaire ;

 Le certificat d’analyse ;

 Le certificat d’origine ;

 La déclaration d’exportation ;

 Le connaissement et les factures ;

 La liste de colisage.

  1. Impact sur la vie des populations :

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, ces bouillons sont considérés comme des vecteurs de grandes maladies conduisant progressivement à la mort silencieuse. Dans un rapport récemment publié par cette organisation, les bouillons constituent un poison et leur consommation incontrôlée serait néfaste pour la santé causant plus de 90% des maladies non transmissibles dont entre autres :

 La faiblesse sexuelle ou la stérilité (homme et femme) ;

 Les saignements vaginaux ;

 Les troubles cardiaques ;

 Les troubles urogénitaux ;

 Hypo ou hyper tension ;

Document d’information / Réseau CoJeLPaiD- APaD-Guinée

Conakry mars 2018

 La gastrite ;

 Troubles de comportement chez l’enfant ;

 Le gonflement de la prostate après 40 ans ;

 La maladie de parkinsons ;

 Le diabète,

 Le cancer etc.

  1. Actions à entreprendre

En tant qu’organisations de la société civile, il est de notre mission de veiller sur les conditions de vie des populations. C’est ainsi que face à ce constat amer de cette problématique qui tue à petit feu une population déjà meurtrie par la pauvreté et les crises politiques à répétition, le réseau CoJELPaiD et l’ONG APaD-Guinée ont conjointement décidé d’entreprendre une série d’activités afin d’attirer l’attention des autorités sur l’impact négatif de ces produits sur la santé de la population. Les actions proposées sont entre autres :

 Prise de contact avec les autorités compétentes pour l’identification des bouillons et des produits alimentaires certifiés à la consommation en Guinée;

 Identification des bouillons/produits alimentaires avaries ou non certifiés ;

 Organisation des débats/émission (sensibilisation) contre la prolifération des bouillons en Guinée ;

 Élaboration d’un document sur l’impact des bouillons sur la santé publique

 Organisation des campagnes de retrait des bouillons/produits à risque sur la santé des populations ;

 Appui aux services de contrôle pour des mesures coercitives contre les récidivistes ou contrevenants;

Pour des acteurs de la société civile, Conakry, le 30/03/2018

Abdoul SACKO, Coordinateur Général du Réseau CoJeLPaiD

Macky GUISSE, Coordinateur APaD Guinée

Conakry mars 2018 »

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