Labé, août 2026 – La décision du ministère de l’Environnement et du Développement durable d’instaurer un repos biologique de trois mois sur l’exploitation et la commercialisation du bois suscite de vives préoccupations dans la commune urbaine de Labé. Les artisans tapissiers, dont le bois constitue la matière première essentielle, voient leurs activités fortement perturbées.
La mesure, destinée à protéger les ressources forestières, entraîne une rareté du bois sur le marché local et une hausse significative des prix. Le coût unitaire est passé de 8 000 à près de 15 000 francs guinéens, compliquant la tâche des professionnels.

« Avant, le bois nous coûtait 8 000 francs. Aujourd’hui, on l’achète à 15 000 francs. Cette augmentation nous fatigue beaucoup, parce que nous avons besoin du bois pour travailler », déplore Mamadou Tanou Diallo, maître tapissier. Il appelle les autorités à faciliter une reprise rapide de la coupe et de la circulation du bois à l’issue de cette période réglementaire.
Au-delà des charges supplémentaires, les artisans craignent que cette flambée des prix ne se répercute sur la clientèle. Diallo invite ses collègues à la modération dans la fixation des tarifs, afin de ne pas alourdir davantage le fardeau des consommateurs.
Toutefois, les acteurs du secteur reconnaissent la nécessité de préserver l’environnement et les ressources forestières. Ils plaident pour la mise en place de mécanismes d’exploitation encadrée à la fin du repos biologique et encouragent leurs confrères à participer activement aux actions de reboisement, afin de contribuer à la reconstitution du couvert végétal.
Cette situation illustre le défi permanent de concilier protection écologique et soutien aux activités économiques locales, dans une région où l’artisanat demeure un pilier de l’économie.
AT





