Selon le rapport de l’ONU, 20 pour cent de la population africaine souffre de la faim, contre 7,8 pour cent en moyenne dans le monde.
L’Afrique est devenue, pour la première fois en 2025, le continent comptant le plus grand nombre de personnes souffrant de la faim, avec près de 309 millions de personnes, devant l’Asie (292 millions), selon l’édition 2026 du rapport « L’État de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde ».
Cette publication annuelle est coéditée par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Fonds international de développement agricole (FIDA), l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Programme alimentaire mondial (PAM) et le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF). Selon le rapport, 20 pour cent de la population africaine souffre de la faim, contre 7,8 pour cent en moyenne dans le monde.
Le rapport indique également que plus de la moitié de la population africaine (56,6 pour cent) souffre d’insécurité alimentaire modérée ou grave. Les auteurs relèvent toutefois qu’après une hausse constante depuis 2017, une stabilisation a été observée en 2025, marquant la première amélioration régionale depuis 2015.
Le coût de l’alimentation, principal facteur explicatif
Les projections du rapport indiquent néanmoins que 56 pour cent des personnes sous-alimentées dans le monde vivront en Afrique d’ici à 2030. Selon les auteurs, cette situation est principalement liée au coût de l’alimentation. En 2025, 66,6 pour cent de la population africaine n’avait pas les moyens de s’offrir une alimentation saine, soit un taux plus de deux fois supérieur à celui observé en Asie ou en Amérique latine et dans les Caraïbes.
Le rapport met également en avant la croissance démographique rapide du continent, les événements climatiques extrêmes, tels qu’El Niño, ainsi que sa vulnérabilité aux chocs énergétiques et géopolitiques mondiaux, qui affectent les systèmes agroalimentaires. Les produits d’origine animale constituent, selon le rapport, la catégorie d’aliments la plus chère en Afrique. Les auteurs indiquent que 69 pour cent des pays africains se situent dans le tiers des pays du monde où ces coûts sont les plus élevés.
Une diversité alimentaire limitée
La diversité alimentaire demeure également limitée, selon le document : 20,5 pour cent des enfants africains âgés de 6 à 23 mois et 43 pour cent des femmes de 15 à 49 ans ont accès à une alimentation minimalement diversifiée. Ce dernier taux est le plus faible au monde, selon le rapport.
Les auteurs estiment par ailleurs que les progrès vers les objectifs de réduction de l’anémie maternelle et du retard de croissance restent insuffisants. Ils considèrent toutefois que l’Afrique est en bonne voie pour atteindre les objectifs de réduction de l’émaciation (amaigrissement extrême) et du surpoids chez les jeunes enfants.
Pour réduire durablement le coût de l’alimentation, le rapport recommande notamment une transformation structurelle du secteur des aliments d’origine animale ainsi que le développement des infrastructures locales afin de réduire les pertes post-récolte de denrées périssables et de renforcer la chaîne du froid.
Un effet multiplicateur attendu des subventions mondiales
Enfin, selon les auteurs, l’Afrique serait la région qui bénéficierait du plus grand « effet multiplicateur » dans l’hypothèse de politiques mondiales concertées de subventions agricoles. En tant qu’importateur net de denrées alimentaires, le continent bénéficierait des baisses des prix mondiaux : chaque dollar net de subvention dépensé à l’échelle mondiale pourrait réduire de 1,7 dollar le coût d’une alimentation saine dans la région.
dpa





