Dans la capitale guinéenne, la question des déchets reste un sujet brûlant. Les montagnes d’ordures dans les rues, les caniveaux obstrués et les inondations récurrentes alimentent un débat passionné : qui doit être tenu responsable de cette insalubrité chronique ?
Certains citoyens pointent directement l’État. Pour eux, les autorités sont seules fautives : si les ordures bloquent l’écoulement des eaux, c’est la faute des pouvoirs publics ; si les déchets s’accumulent sur la chaussée, c’est encore la faute des autorités. Cette vision exonère totalement les habitants de leurs propres pratiques quotidiennes.
Mais pour des acteurs de la société civile, cette lecture est trop simpliste. « Quand j’entends des Guinéens affirmer qu’il ne faut pas tenir les citoyens responsables des déchets à Conakry, j’ai mal à la tête », déplore Amara Camara, activiste engagé sur les questions de salubrité. Selon lui, croire que les ordures « tombent du ciel » ou qu’elles sont uniquement produites par l’État est une illusion dangereuse.

Camara insiste : tant que les citoyens n’adopteront pas des comportements responsables, la situation restera inchangée. « Dans une société, si une partie fournit des efforts pour la propreté et l’autre partie fournit des efforts pour salir, ça ne bougera jamais », affirme-t-il. Pour lui, la salubrité est une responsabilité partagée, qui concerne chaque habitant de la capitale.
À Conakry, le problème des déchets revient chaque année, aggravé par les pluies et les inondations. L’État peut mettre en place des politiques et des infrastructures, mais sans une prise de conscience citoyenne, la bataille contre l’insalubrité risque de rester un éternel recommencement.
AT





