À travers un procédé fondé sur les larves de mouches soldats noires, une entrepreneure transforme des déchets ménagers en produits à forte valeur ajoutée, notamment en engrais organique.
Alors que la gestion des déchets devient un enjeu sanitaire et environnemental majeur, une jeune entrepreneure congolaise mise sur une solution innovante alliant écologie et agriculture : l’élevage de la mouche soldat noire.
À seulement 24 ans, Joëlla Buhendwa, diplômée d’un master en agronomie de l’Université catholique de Bukavu, en République démocratique du Congo (RDC), a fondé « AstiFerme », une startup spécialisée dans la valorisation des déchets organiques. Son approche consiste à transformer les déchets ménagers en produits à forte valeur ajoutée, notamment en engrais organique, à travers un processus basé sur les larves de mouches soldats noires.
En utilisant les larves pour décomposer la matière organique, l’entrepreneure parvient à produire du « frass », un engrais naturel utilisé pour enrichir les sols agricoles, tout en réduisant le volume de déchets.
« Là où beaucoup voient des ordures, j’ai vu une ressource capable de protéger l’environnement tout en améliorant la fertilité des sols », indique-t-elle dans un entretien accordé à la dpa. Au-delà de l’engrais, cette valorisation permet également de générer des protéines destinées à l’alimentation animale ainsi que des huiles issues des larves.
Traiter davantage de déchets et d’amplifier l’impact sur les communautés
« Notre projet est né d’un constat douloureux mais très réel : ma ville était envahie par les déchets, l’insalubrité et les maladies, sans véritables solutions locales pour y faire face. J’ai vu des familles entières tomber malades, des enfants jouer dans des tas d’ordures et des communautés entières contraintes de vivre dans ces conditions difficiles », raconte-t-elle. C’est dans ce contexte que la jeune femme a choisi de s’engager dans ce domaine, mais ce choix n’a pas été facile, dans la mesure où elle a été confrontée à des moqueries.
Certains affirmaient que ce n’était pas un travail pour une femme, qu’il était sale, malodorant et qu’aucune femme ne devrait évoluer dans ce domaine. Pour beaucoup, la femme reste associée à la beauté, au soin et à l’élégance. « Moi, j’ai fait un autre choix : celui de m’engager dans un secteur que beaucoup évitent », confie-t-elle. Depuis son lancement, l’initiative a permis de traiter plus de 10 tonnes de déchets organiques, avec une production mensuelle moyenne de plus de 800 kilogrammes de larves et environ 3 tonnes d’engrais organique.
À moyen et long terme, Joëlla aspire à renforcer la capacité de production afin de traiter davantage de déchets et d’amplifier l’impact sur les communautés. Elle envisage également de structurer un modèle reproductible pouvant être déployé dans d’autres régions, comme solution durable de gestion des déchets et de production d’engrais organique.
dpa






