À quelques jours du sommet mondial « One Health » prévu le 7 avril 2026 à Lyon, les acteurs africains de la santé affûtent leurs arguments. Vendredi 3 avril, Galien Africa et le Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (REMAPSEN) ont organisé un webinaire intitulé « One Health en Afrique : de la déclaration à l’action ». Objectif : permettre aux 18 ministres et 60 délégations africaines attendus en France de définir une position commune face aux enjeux sanitaires et environnementaux.
Des défis structurels
Les discussions ont mis en lumière trois fragilités majeures du continent :
– une forte dépendance aux importations de médicaments,
– un investissement limité dans la recherche,
– une fragmentation des systèmes de données sanitaires, climatiques et environnementales.
« Ce que nous ne mesurons pas, nous ne finançons pas. Ce que nous ne finançons pas, nous ne pouvons pas résoudre », a résumé Gerry Gimaiyo, directeur Santé pour l’Afrique à la Fondation Rockefeller, pointant le manque d’intégration des données.

Un sommet sous présidence française du G7
Le rendez-vous de Lyon réunira chefs d’État, ministres, scientifiques, secteur privé, société civile, femmes et jeunes autour de la souveraineté sanitaire. Selon Caroline Comiti, conseillère régionale santé à l’Ambassade de France au Sénégal, l’agenda s’articulera autour de quatre axes :
1. les maladies zoonotiques,
2. la résistance aux antimicrobiens,
3. les systèmes alimentaires durables,
4. l’exposition aux pollutions.
Le 8 avril, 70 projets transdisciplinaires africains et mondiaux seront présentés au Centre international de recherche sur le cancer de l’OMS à Lyon.

Quatre blocs de recommandations africaines
La délégation africaine arrivera avec un corpus de propositions :
– Gouvernance : leadership politique, cadres institutionnels multisectoriels, systèmes d’alerte précoce.
– Données : plateformes intégrées santé-climat-environnement, souveraineté numérique, stockage et analyse en Afrique.
– Innovation : hubs pharmaceutiques régionaux, recherche au-delà de 1 % du PIB, achats publics favorisant les innovations locales.
– Inclusion : implication des communautés, femmes et jeunes, valorisation des savoirs traditionnels, programmes territorialisés.
Le sommet de Lyon s’annonce ainsi comme une étape clé pour renforcer la voix africaine dans la gouvernance mondiale de la santé et de l’environnement.
Touré Aboubacar






