Une étude publiée dans Nature appelle à réduire la consommation de viande sauvage en milieu urbain pour préserver la faune et garantir des sources de protéines aux ruraux vulnérables.
Une étude révèle une hausse rapide de la consommation de viande sauvage en Afrique centrale, liée à la demande urbaine. Si cette ressource reste vitale pour les ruraux, son exploitation croissante menace la biodiversité et la sécurité alimentaire. La consommation de viande de gibier est passée de 0,73 million de tonnes en 2000 à 1,10 million de tonnes en 2022. Environ 40 pour cent de cette quantité est consommée en milieu urbain, où les populations dépendent pourtant moins de cette ressource pour leur nutrition ou leurs revenus, souligne l’étude.
En revanche, la viande d’animaux sauvages est fondamentale pour le régime alimentaire de nombreuses populations rurales, représentant 20 pour cent de l’apport quotidien recommandé en protéines. Toutefois, alors que le commerce de viande de brousse s’intensifie dans toute la région, « l’ampleur de la consommation actuelle semble insoutenable ».
L’Étude couvre plus de 12 000 ménages sur 252 sites en Afrique centrale
L’étude a été menée en partenariat avec le Centre for the Advanced Study of Collective Behaviour de l’Université de Constance en Allemagne, le Centre de recherche forestière internationale, le Durrell Institute of Conservation and Ecology, les universités de Kent et de Stirling, ainsi que l’Institut de Recherche en Écologie Tropicale au Gabon. Couvrant plus de 12 000 ménages sur 252 sites en Afrique centrale, la recherche attribue cette hausse au manque d’alternatives accessibles et sûres. La viande de brousse, rare substitut à la viande domestique, est jugée plus saine que la viande d’élevage ou importée et constitue un symbole de statut social.
Pour garantir que cette source de nutrition cruciale reste disponible pour les communautés rurales, l’étude recommande de réduire la demande de viande sauvage dans les zones urbaines et de développer des systèmes alimentaires domestiques pour remplacer la viande de brousse par des sources de viande d’élevage, comme la volaille. our enrayer la dégradation de la faune tout en garantissant une utilisation durable des ressources sauvages, il est crucial de comprendre l’ampleur et les moteurs de cette consommation, estiment les chercheurs qui appellent à des études ciblées pour évaluer les zones d’intervention prioritaires.





