À Conakry, la problématique de l’assainissement reste entière. Malgré les initiatives médiatisées du ministère en charge, les petites et moyennes entreprises (PME) chargées de la collecte des déchets peinent à couvrir efficacement les ménages.
Le lendemain des festivités, le ministre de l’Assainissement s’est filmé dans les rues, montrant des jeunes contraints à des corvées par la brigade de salubrité. Sur sa page Facebook, il a accompagné ces images d’un message : « Vous allez servir d’exemple s’il plaît à Dieu ». Une mise en scène qui, selon de nombreux observateurs, relève davantage du symbole que d’une réponse concrète aux défis structurels du secteur.
Des PME fragilisées
Faute de moyens techniques et financiers, les PME de collecte se retrouvent en sous-effectif et sans équipements adaptés. Certaines ont cessé leurs activités, laissant des quartiers entiers sans service opérationnel. Dans ces zones, l’absence de dépôts traditionnels complique encore la gestion des déchets, les habitants n’étant pas autorisés à déposer directement leurs ordures dans les Zones de Transit et de Tri (ZTT).
Des ZTT débordées
Ces ZTT, censées fluidifier la chaîne de collecte, sont elles-mêmes saturées. Les déchets s’y entassent, faute de transfert régulier vers le dépotoir de Dar Salam, le seul site fonctionnel actuellement. Résultat : les ordures s’accumulent le long des routes, transformant certains secteurs de la capitale en véritables foyers d’insalubrité.
Une urgence sanitaire
Experts et citoyens s’accordent : il est urgent de renforcer les capacités des PME, de multiplier les ZTT et de garantir un accès continu au dépotoir. Sans ces mesures, la mise en œuvre d’une véritable politique d’assainissement restera illusoire.
Car, comme le rappellent plusieurs acteurs du secteur, « ce n’est pas la Guinée qui est sale, c’est Conakry ». Dans d’autres pays, la gestion des déchets est devenue une source de revenus grâce à des politiques de valorisation allant de la collecte à la transformation.
Un défi politique et social
Au-delà des opérations de communication, la capitale guinéenne attend des solutions pérennes. Les citoyens, confrontés chaque jour aux tas d’ordures, réclament une stratégie claire et des actions concrètes pour endiguer une crise qui menace directement la santé publique.
AT






