À Conakry, la question de la salubrité urbaine suscite de nombreux débats, souvent alimentés par des informations incomplètes ou erronées. Pourtant, la réalité de la gestion des déchets repose sur un système bien défini, mais confronté à des défis structurels majeurs.
Qui gère les déchets aujourd’hui ?
La responsabilité incombe aux communes, sous la supervision du Gouvernorat.
– Les communes recrutent des PME de prĂ©-collecte, chargĂ©es de ramasser les ordures auprès des mĂ©nages.
– Les citoyens doivent s’abonner Ă ces PME pour bĂ©nĂ©ficier d’un service rĂ©gulier.
– L’ANASP, bras opĂ©rationnel du ministère, assure le suivi et la rĂ©gulation.
Pourquoi persiste-t-on à voir des dépôts sauvages ?
Les dépôts sauvages sont la conséquence de plusieurs dysfonctionnements :
– Certaines PME manquent de moyens techniques et financiers.
– Les calendriers de collecte ne sont pas toujours respectĂ©s.
– Les mĂ©nages, faute de service rĂ©gulier, dĂ©posent leurs dĂ©chets dans des lieux inappropriĂ©s.

Pour autant, les citoyens disposent de recours : ils peuvent saisir leur chef de quartier ou leur commune afin que des mesures correctives soient prises. La salubrité reste une responsabilité partagée.
Les faiblesses structurelles
– La majoritĂ© des PME ne disposent que de tricycles pour collecter les ordures, un matĂ©riel insuffisant face Ă la croissance des dĂ©chets.
– Le secteur de l’assainissement souffre encore d’une image dĂ©valorisĂ©e, freinant l’émergence d’acteurs solides.
Les réformes en cours
Le gouvernement entend s’attaquer aux causes profondes :
– Mise en place d’un financement durable, incluant le principe du pollueur-payeur et la mobilisation des RSE des entreprises.
– Finalisation des appels d’offres pour recruter des sociĂ©tĂ©s mieux Ă©quipĂ©es.
– RĂ©forme spĂ©cifique pour les marchĂ©s de Conakry, qui gĂ©nèrent plus de 30 % des dĂ©chets quotidiens.
Un financement pour un changement durable
Le mécanisme envisagé permettra :
– d’accompagner financièrement les communes ;
– de professionnaliser les PME ;
– de soutenir les groupements de femmes ;
– de moderniser les zones de tri et de transit ;
– d’assurer la sensibilisation de masse via les ONG ;
– de renforcer les unitĂ©s de valorisation.
Le civisme au cœur de la réforme
Plus de 5 000 brigadiers seront recrutés pour lutter contre l’insalubrité, mais aussi pour promouvoir le civisme et l’éducation environnementale. Car au-delà des infrastructures, la propreté d’une ville dépend avant tout du comportement de ses habitants.
En somme, la gestion des déchets à Conakry est en pleine mutation. Les réformes en cours visent à transformer un système fragile en une chaîne moderne et durable. Mais sans engagement citoyen, aucune réforme ne pourra porter ses fruits.
AT






