À deux jours du lancement officiel de la campagne référendaire prévu le 12 septembre, la commune urbaine de Kissidougou offre un spectacle désolant. Le marché central, poumon économique de la ville, est littéralement enseveli sous des amas d’ordures qui s’accumulent depuis près d’une semaine en bordure de la route nationale. Une situation qui indigne les habitants et jette une ombre sur l’image de la ville à l’approche d’un scrutin majeur.
Malgré le paiement quotidien des frais de salubrité, les commerçants dénoncent une absence totale de service de collecte. Djeneba Mara et Moustapha Kallo, vendeurs au marché, expriment leur ras-le-bol : « Nous payons chaque jour, mais rien n’est fait. L’odeur est devenue insupportable, les clients fuient », déplore Djeneba.
Un agent chargé du transport des déchets, sous couvert d’anonymat, confirme le blocage : « Aucun salaire ne nous a été versé depuis des mois. Comment voulez-vous qu’on travaille dans ces conditions ? »
Il pointe du doigt une gestion opaque et une organisation défaillante au sein des services municipaux.

Dans le quartier de Kissi-Faramayah, le mécontentement est palpable. Les citoyens s’interrogent sur le paradoxe d’une campagne politique censée incarner le renouveau, alors que les services publics sont à l’arrêt : « La ville est sale, les services ne fonctionnent plus, et pourtant on nous demande de voter pour un avenir meilleur », lance un habitant, amer.
Pour beaucoup, cette crise de salubrité dépasse le simple problème de collecte. Elle révèle une faille plus profonde dans la gouvernance locale. Les appels à la transparence et à la redevabilité se multiplient, notamment chez les commerçants qui s’interrogent : « Où va l’argent que nous payons chaque jour ? », demande l’un d’eux, visiblement excédé.
Face à cette situation, les habitants attendent des réponses concrètes et des actions urgentes. À la veille d’un tournant politique, Kissidougou semble réclamer bien plus qu’un vote : elle exige des comptes.
A-T






