Il s’agit d’une initiative conçue pour lutter contre la désertification et faire face aux effets du changement climatique.
L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et l’Agence panafricaine de la Grande Muraille verte (AP-GMV) ont lancé la mise en œuvre d’un programme régional de 222 millions de dollars, visant, à terme, la restauration de 1,3 million d’hectares de terres dégradées au bénéfice de 5,7 millions de personnes vulnérables dans huit pays parmi les plus exposés au changement climatique en Afrique : le Niger, le Burkina Faso, le Tchad, le Mali, la Mauritanie, le Sénégal, le Nigeria et Djibouti.
Le programme, dont le coup d’envoi régional a été donné récemment en Mauritanie, est baptisé « Renforcement de la résilience dans la Grande Muraille Verte d’Afrique » (SURAGGWA, selon son sigle en anglais). Il a été approuvé en juillet 2025 par le Fonds vert pour le climat (Green Climate Fund, GCF), le mécanisme financier des Nations unies dédié à la lutte contre le réchauffement climatique.
Un programme à trois composantes
L’initiative a mobilisé un financement total de 222 millions de dollars, comprenant 150 millions de dollars de subventions du GCF et 72 millions de dollars de cofinancements, a indiqué la FAO, ajoutant que SURAGGWA marque une étape majeure dans l’appui aux pays sahéliens face aux effets du changement climatique.
Le programme repose, a-t-on précisé, sur trois composantes : la restauration des paysages à travers des pratiques agroécologiques et agroforestières visant à réhabiliter les terres dégradées ; le développement des chaînes de valeur des produits forestiers non ligneux, afin d’améliorer l’accès aux marchés, de renforcer les compétences techniques et de favoriser l’inclusion financière des petits exploitants, notamment des femmes ; et le renforcement des capacités institutionnelles pour améliorer la planification, le suivi, la coordination et la mobilisation des ressources aux niveaux national et régional.
À terme, SURAGGWA permettra, selon la FAO, la séquestration de 65 millions de tonnes de dioxyde de carbone (CO2), l’un des principaux gaz responsables du réchauffement climatique à l’échelle mondiale.
Faire avancer les objectifs de la Grande Muraille verte
Ce programme est conçu pour faire avancer les objectifs de la Grande Muraille verte (GMV), une initiative phare lancée en 2007 par l’Union africaine (UA) pour lutter contre la désertification et faire face aux effets du changement climatique. La GMV est un projet de ceinture végétale qui ambitionne de traverser horizontalement l’Afrique d’ouest en est, du Sénégal à Djibouti, sur environ 8 000 kilomètres de long et 15 kilomètres de large.
Ce projet, qui réunit plus de 20 pays africains, ainsi que des organisations internationales, des instituts de recherche, la société civile et des organisations communautaires, a évolué vers une vision de mosaïque de pratiques durables de gestion des terres. Il s’agira d’intensifier les pratiques éprouvées de restauration des terres et de développer les chaînes de valeur des produits forestiers non ligneux, résilients au climat et à faibles émissions, contribuant ainsi à la sécurité alimentaire et aux revenus des communautés vulnérables.
La GMV vise, d’ici 2030, la restauration de 100 millions d’hectares de terres, la création de 10 millions d’emplois verts et la séquestration de 250 millions de tonnes équivalent CO2, selon la FAO.
dpa






