La préfecture de Kindia a accueilli, durant trois jours, une formation intensive dédiée à la vulgarisation de l’agriculture biologique. Producteurs, formateurs et acteurs du secteur agricole se sont réunis pour échanger sur des méthodes naturelles de fertilisation, de protection des cultures et de restauration des sols.
Un expert africain en première ligne
À l’initiative de cette rencontre, l’ingénieur agronome camerounais Fabrice Belmondo Chimi, reconnu pour son expertise en Afrique centrale et de l’Ouest, a partagé plus de dix ans d’expérience dans la promotion des pratiques agricoles durables.
« Depuis les années 70, l’agriculture conventionnelle nous a conduits à des pratiques coûteuses et destructrices pour les sols. Les engrais chimiques sont chers et inaccessibles pour près de 78 % des agriculteurs guinéens », a-t-il expliqué, avant de proposer une alternative inspirée du fonctionnement naturel de la forêt.
Des solutions locales pour fertiliser les sols
Les participants ont appris à transformer des végétaux locaux – titonia, bananier, papayer, vernonia ou encore chromolaena odorata – en compost, engrais foliaires et insecticides naturels. Objectif : produire un équivalent bio du NPK, engrais chimique vendu à prix élevé.
Une initiative portée par des acteurs locaux
La formation s’est tenue sur les terres de Marie-Françoise Soumah, gestionnaire reconvertie dans l’agriculture biologique.
« Nous voulons consommer sainement et diffuser ces pratiques dans chaque famille et groupement agricole », a-t-elle affirmé, entourée d’une trentaine de jeunes producteurs.
Même enthousiasme du côté de Maeni Don Soumah, agricultrice venue de Coyah, qui rappelle les dangers liés à l’utilisation des intrants chimiques sans protection.
« Il est possible de remplacer l’urée ou le NPK par des plantes locales comme le titonia ou la peau de banane », a-t-elle souligné.
Vers une agriculture durable et rentable
Pour Mariam Ciré Sylla, participante, les enjeux dépassent la simple production :
« Nos fruits et légumes ne se conservent plus naturellement à cause des intrants chimiques. Avec des sols bien nourris et des engrais bio, nos récoltes peuvent redevenir saines et garder leur qualité plus longtemps », a-t-elle déclaré.
Un appel à l’État
Les producteurs formés appellent les autorités à soutenir ces initiatives, jugées accessibles et bénéfiques pour la santé publique comme pour l’environnement.
« Tout ce dont nous avons besoin est dans notre environnement immédiat », ont-ils rappelé.
Une dynamique nationale en marche
Après Conakry et Coyah, Kindia devient la troisième étape de ce programme de vulgarisation. Les organisateurs ambitionnent désormais d’étendre l’expérience à d’autres régions du pays afin de bâtir une agriculture durable, rentable et respectueuse de la nature.
AT






