RDC : les autorités ont bien tenté d’interpeller Moïse Katumbi

01Contrairement à ce que soutient le Gouvernement de la RDC, à travers son porte-parole Lambert Mende, les forces de l’ordre congolaises ont bien tenté d’interpeller, ce jeudi 5 mai au matin, à Lubumbashi, l’opposant Moïse Katumbi.

A cette occasion, de nombreuses arrestations ont eu lieu et des téléphones portables ont été saisis afin d’empêcher toute diffusion de photos ou vidéos.

Ce jeudi 5 mai 2016, Lambert Mende, le porte-parole du Gouvernement rd-congolais, a déclaré : « rien du tout ne s’est passé dans (la) résidence (de Moïse Katumbi). Il est en train de raconter des histoires ». Des propos catégoriquement démentis par les nombreux témoignages recueillis sur place et les éléments matériels (photos et vidéos) relayés notamment sur les réseaux sociaux.

En effet, contrairement aux affirmations du Gouvernement, les forces de l’ordre congolaises ont bien tenté, jeudi 5 mai, d’interpeller Moïse Katumbi, comme l’a déclaré l’intéressé lui-même sur son compte Twitter : « Ma maison est encerclée depuis ce matin par la police. Pour m’arrêter. C’est la réponse de Kabila à ma candidature à la Présidentielle ! ». Si elles en ont été finalement dissuadées, c’est en raison de la présence de la MONUSCO et de la mobilisation des chancelleries,très inquiètes face à la dégradation rapide du climat politique au Congo-Kinshasa.

A l’occasion de cette tentative d’interpellation avortée, un certain nombre de « dégâts collatéraux » ont été déplorés, selon les termes d’un responsable de la police. Des sympathisants de l’ancien Gouverneur de l’ex-Katanga, très populaire, qui avaient convergé vers sa résidence à l’annonce de son arrestation imminente, mais aussi de simples badauds, présents par hasard sur les lieux, ont été arrêtés, venant ainsi alimenter des prisons déjà surchargées. Plusieurs téléphones portables ont également été saisis, les autorités ne souhaitant pas que des images soient diffusées sur les réseaux sociaux. « Tout est fait pour tenter de préserver la vérité officielle », décrypte un haut-fonctionnaire en poste à Lubumbashi.

Selon une source proche de l’entourage du ministre congolais de la Justice, Alexis Thambwe Mwamba, la décision d’interpeller Moïse Katumbi a été accélérée après que les autorités aient eu vent de l’annonce de sa candidature à l’élection présidentielle qui, selon la Constitution, doit se dérouler le 27 novembre 2016. Mais la répression subie par le président du Tout Puissant Mazembe et son entourage a eu un effet contreproductif pour le Pouvoir. Elle a contraint les opposants à Joseph Kabila à faire preuve de plus de cohésion et de solidarité. « L’attitude des autorités envers Moïse Katumbi est pitoyable. Elle nous incite à resserrer les rangs dans l’opposition », nous a confié un haut responsable de l’UNC. « Pourquoi cet harcèlement du Gouvernement contre Moïse Katumbi ? A quel jeu joue-t-il ? Est-ce une distraction de plus ? », s’est interrogé Martin Fayulu, le président de l’ECiDé. Quant à Félix Tshisekedi, il s’est montré, lui aussi, très critique sur son compte Twitter. « Je dénonce avec force ces méthodes staliniennes qui consistent à museler l’opposition. Ensemble, avec Moïse Katumbi, résistons à la dictature ! », a déclaré le fils d’Etienne Tshisekedi.

Face à cette situation qualifiée de « grotesque » et « d’ubuesque » par un ambassadeur en poste à Kinshasa, Moïse Katumbi, qui dément à nouveau catégoriquement les accusations de recrutement de mercenaires étrangers dont il est l’objet, a demandé, dans une interview à Radio Okapi, la démission du chef des services des renseignements congolais, rappelant au passage qu’en RDC, « les rebelles, ce sont les gens qui ne veulent pas que les élections se tiennent ».

 

 

Afrik.com

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