Quel type de coopération faut-il à la Guinée ? (Opinion)

Coopérer entre pays devient de plus en plus nécessaire et indispensable pour tous les Etats du monde, riches comme pauvres. Parce que les problèmes d’existence et de développement des uns et des autres sont si pressants et interdépendants qu’aucun Etat ne peut se payer le luxe de vivre en vase clos. Il s’exposerait rapidement à une explosion de rejet de ses populations. Mais si coopérer entre pays est devenu une politique incontournable, il ya lieu de se demander avec quels pays coopérer et avec quelle ampleur ? C’est logiquement avec tous les pays qu’il faut coopérer, mais pas avec la même ampleur. Parlons-en en nous appuyant sur le cas de la Guinée notre pays.

La Guinée a connu des rapports de rupture et d’hostilité de longues années avec la France l’ancienne puissance coloniale. Quoi qu’on ait dit autour de ce long conflit qui a opposé la Guinée et la France, chacun des deux Etats doit pouvoir assumer, à mon avis, sa part de responsabilité dans ce drame politique qui a coûté si lourd aux deux parties. Le problème n’est plus tant de savoir qui avait raison et qui avait tort, il faut désormais s’atteler à consolider des rapports qui n’auraient jamais dû être coupés. La coopération de la Guinée avec la France, et au-delà avec tout l’occident, va de soi pour des raisons historiques et économiques. En effet soixante ans de colonisation ont permis aux peuples des deux pays de se connaitre, de vivre ensemble, de s’apprécier mutuellement. Tout n’a pas été que négatif dans la colonisation, loin de là. On peut citer, entre autres aspects positifs, l’ouverture du pays au monde et la mise en place des prémices d’un Etat moderne.

Coopérer donc avec la France et l’occident s’explique non seulement par la logique de l’histoire mais aussi parce que c’est la meilleure coopération, l’occident étant à la pointe du progrès par rapport au reste du monde. Même si le côté pervers de cette coopération est difficile à supporter, la fâcheuse tendance à faire des anciennes colonies une chasse gardée, les relations de coopération avec
l’occident sont plus bénéfiques que celles qu’on entretient avec d’autres parties du monde. Il n’y a qu’à voir les divers acquis dans les domaines de la formation, des arts et de la culture, des sports, des technologies, etc. Ces acquis-là restent incomparables au regard de ceux que l’on peut glaner ailleurs.

A cause de ses rapports difficiles avec la France et une bonne partie des pays occidentaux, la Guinée avait dû, plus d’une décennie, coopérer qu’avec les pays de l’Est, l’ex-Union des Républiques Socialistes Soviétiques et la République Populaire de Chine. Des centaines de nos jeunes y sont allés acquérir une formation, des tonnes de produits finis, marchandises de toutes catégories en
provenance de ces pays, continuent d’inonder nos marchés, mais c’est toujours avec un amer goût de déception que nous les acceptons.

N’allons pas sur les chantiers miniers et autres gérés par les Russes ou les Chinois, on sera ahuri par la félonie, l’anarchie et la corruption qui y règnent. Les conditions de vie et de travail qui y sont faites à nos concitoyens frisent simplement l’esclavage. L’arrêt de l’usine de Fria dans un contexte qui cache mal un deal mafieux avec le gouvernement en dit long sur le modèle de coopération avec les pays de l’Est.

Il faut bien se rendre compte aujourd’hui que Russes et Chinois sont des pauvres qui s’ingénient à exploiter plus pauvres qu’eux sous couvert du slogan ‘’ coopération gagnant-gagnant ‘’. Si l’on ne peut se passer d’eux, il serait sage cependant pour nous de limiter au stricte minimum nos relations de coopération avec eux et avec tous leurs frères des pays de l’est.

Une anecdote nous enseigne que nos populations paysannes apprécient mieux la différence de qualité dans la coopération d’avec les étrangers qui nous fréquentent. Dans un village du Fouta- Djallon sous le règne de la révolution, un petit garçon voit venir un homme blanc.

Il vient informer son père : « Papa, papa, un blanc arrive ! » Le père sort de sa case et regarde l’étranger, puis il rentre et se met à rabrouer son petit : « Môdi ! C’est lui que tu appelles blanc, ce n’est pas un blanc, c’est un Russe. »

Morale : le blanc, le vrai, c’est le Français, c’est l’occidental, ce sont eux qui incarnent les vraies valeurs, le meilleur développement.

In Le Démocrate

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