Election au Mali : « L’observation internationale n’est pas la certification des résultats »

Diffusion des résultats par les candidats, accusation de partialité de la Cour constitutionnelle et rôle des observateurs internationaux… Ahmadou Ba, président de la Ceni, a accepté de livrer à Jeune Afrique son regard sur le déroulement du premier tour de la présidentielle au Mali, dont les résultats sont toujours attendus.

L’ancien juge nous a accordé un entretien dans les vastes locaux de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), à Bamako. Sur son bureau, un drapeau du Mali surnage au-dessus de liasses de documents. Autant de procès-verbaux en provenance de bureaux de vote de tout le pays.

À l’extérieur du grand bâtiment blanc situé au plein cœur du quartier ACI 2000, à quelques encablures de la place de l’Obélisque, le pays retient son souffle, toujours suspendu à l’annonce des résultats du scrutin de dimanche. La publication officielle doit théoriquement être effective dans les cinq jours suivant la tenue du scrutin. Soit au plus tard vendredi.

Depuis la fermeture des bureaux de vote, la situation s’est singulièrement tendue. Des candidats ont diffusé des résultats, de même que certains médias. Une partie des 23 candidats en lice face au président sortant Ibrahim Boubacar Keïta – parmi lesquels celui que tous présentent comme son principal challenger, Soumaïla Cissé -, ont tenu une conférence de presse commune, pour dénoncer un scrutin « émaillé de multiples anomalies ». La chef de la mission de l’Union européenne a émis des critiques sur le processus, de même que des observateurs indépendants maliens…

Ahmadou Ba, ancien président du syndicat des magistrats nommé à la Ceni au nom de la société civile, dénonce, certes, les insuffisances du scrutin et rejoint sur certains points les critiques formulées par plusieurs candidats et observateurs, mais il appelle chacun à la retenue et au respect des institutions et des règles, afin d’éviter une contestation des résultats.

Jeune Afrique : À la veille du scrutin, la Ceni avait alerté sur un manque de moyen financiers, pouvant entraver l’envoi de délégués dans l’ensemble des bureaux de vote. Avez-vous réussi à tous les couvrir le 29 juillet ?

Ahmadou Ba : Nous tenions à envoyer des délégués dans tous les bureaux de vote car en cas de soucis avec un procès-verbal, c’est celui du délégué de la Ceni qui fait foi selon les textes. C’était un challenge et nous avons réussi à en recruter plus de 23 041, afin d’être présents dans l’ensemble des bureaux de vote.

À Bamako, en plus des délégués, nous avons recruté des superviseurs, car il y a de grands centres. À la lecture des premiers rapports que nous avons reçus, il est évident qu’ils avaient un niveau suffisant et étaient à la hauteur de la tâche.

Les problèmes se posent surtout dans les zones où le vote n’a pas eu lieu. Dans certains cas, nos délégués n’ont pas pu y être déployés, du fait de l’insécurité. Dans d’autres, lorsqu’ils ont quand même pu se rendre sur place, ils ont subi des violences.

JA

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