Claude Kory Kondiano, président de l’AN : « j’ai été scandalisé par le comportement de Cellou Dalein Diallo »

12Le Président de l’Assemblée nationale Claude Kory Koundiano séjourne depuis près d’une semaine à Kissidoudou, au sud de la Guinée, dans le cadre de la sensibilisation des populations relative à la maladie à virus Ebola. Joint au téléphone par MEDIAGUINEE, le patron de l’institution parlementaire s’est prononcé sur cette visite de terrain et sur la situation socio-politique actuelle de son pays. Lisez !

MEDIAGUINEE: Bonsoir M. le Président, vous êtes en dehors de Conakry depuis quelques jours. Peut-on savoir les raisons de votre présence dans le sud-est du pays ?

Claude Kory Koundiano: Il y a trois raisons fondamentales qui expliquent mon séjour dans la préfecture de Kissidougou. La première raison c’est de continuer la sensibilisation de nos mandants entamée depuis 2014 pour leur implication dans la logique d’éradiquer l’épidémie de fièvre Ebola dans notre pays. La seconde raison c’est la sensibilisation de nos futurs électeurs à l’élection présidentielle pour qu’ils se fassent enrôler, puisque sans carte d’électeur ils ne pourront pas voter. Ensuite, je me dois de les remercier pour avoir fait en sorte que je sois élu député à l’Assemblée nationale et à la présidence de cette institution républicaine. Je voudrais préciser que ce n’est pas dans toute la forêt mais seulement dans la préfecture de Kissidougou et ses sous-préfectures et villages. Donc, c’est une façon de nouer des contacts à la base dans huit villages c’est-à-dire Kofodou, Komaro, Gbangadou dans la sous-préfecture de Beindou, Tkiékalanin, Koriama dans la sous-préfecture de Kondiadou. Je dois dire que partout où nous sommes passés, les gens ont été heureux d’entrer en contact avec leur fils et surtout le président de l’Assemblée nationale et m’ont dit que c’est la première fois qu’un élu retourne à la base, parce que le plus souvent lorsque les gens sont élus, ils sont à Conakry et on ne les voit plus.

Monsieur le Président, au moment où vous entamez cette tournée, le chef de l’Etat Pr Alpha Condé a adressé une invitation au chef de file de l’opposition pour échanger avec lui autour de la crise politique actuelle. Cette invitation a été déclinée à la dernière minute par le président de l’UFDG, avant de se raviser. Quelle est votre lecture de cet état de fait ?

Écoutez ! J’ai beaucoup de respect pour Monsieur Cellou Dalein Diallo. Mais je dois dire que j’ai été un peu scandalisé par ce comportement parce que dans tous les pays, lorsqu’on se trouve dans une situation difficile, le chef de l’Etat fait appel à toutes les sensibilités pour essayer de réfléchir ensemble afin de trouver la solution au problème auquel on est confrontés. Et, je crois que c’est dans cette logique que le Président de la République a été amené à inviter Monsieur Cellou Dalein Diallo pour qu’ensemble ils puissent échanger afin de voir quelle sont les solutions qu’on pourrait éventuellement trouver pour mettre fin à cette crise permanente que nous vivons et qui gène notre pays tant dans son développement social que dans son développement économique. Je tiens aussi à dire que dans les rapports normaux, dans tous les pays du monde, aucun problème ne peut être résolu sans un dialogue. Et c’est pourquoi le président a invité M. Diallo à aller le rencontrer. Encore une fois je déplore le comportement de notre collègue. D’ailleurs, la coordinatrice des partis politiques de la mouvance, Hadja Nanténin Chérif, elle aussi a reçu la même invitation et dans le même souci, celui de recueillir des propositions concrètes en vue d’une sortie de crise. Et puis, il y a une chose en Guinée, franchement j’ai l’impression, qu’on ne respecte pas suffisamment les institutions. Comment on peut vous inviter, et pas n’importe quelle personne, le Président de la République du pays que tout le monde reconnaît comme le Chef de l’exécutif du pays, et vous refusez de venir?. Même si vous ne partagez pas son point de vue, vous ne devez pas refusez d’aller répondre à son invitation. Mais, bon sang, donnons-lui (le président de la République, ndlr) du respect. Même entre des personnes ordinaires, quand un semblable vous invite à le rencontrer, par respect, et vous ne savez même pas ce qu’elle va vous dire, normalement vous devez aller répondre et essayer de l’écouter. Bref, je déplore vraiment le comportement de notre collègue et je souhaite qu’à la prochaine invitation qu’il puisse aller vraiment répondre dans l’intérêt supérieur du pays.

Quels conseils donneriez-vous aux acteurs politiques guinéens pour sortir de cette situation ?

Ecoutez, moi je pense que pour sortir de cette situation, il faut dialoguer et je crois que c’est le sentiment qui habite tout le monde à commencer par le chef de l’Etat qui l’a matérialisé en invitant le chef de file de l’opposition.

Cellou Dalein Diallo à une rencontre pour amorcer le dialogue. Sans dialogue, rien ne peut être atteint comme objectif que l’on se fixe pour le développement socio-économique d’un pays, pour la sécurité et la stabilité d’un pays. Mais encore une fois pour dialoguer il faudrait que l’opposition accepte de venir autour de la table comme tout le monde le souhaite. Ce n’est seulement le chef de l’Etat qui le souhaite aujourd’hui, mais c’est toute la société civile, c’est toute la société guinéenne, parce qu’il ne se passe pas des jours où les sociétés civiles, les religieux, les citoyens simples ne se prononcent dans la rue en faveur du dialogue. Donc, c’est le dialogue qui permettra, je pense, de sortir de cette situation de crise dans laquelle nous nous sommes enroulés. Mais encore une fois, je dis que pour dialoguer il faut être deux. Ce qui signifie que quand on vient autour de la table, il ne faut pas venir avec des préalables. Parce que dès que vous posez des préalables, vous donnez l’impression que vous êtes à la sortie d’une guerre où celui qui a des préalables est le vainqueur et veut que les vaincus se plient à la décision qu’ils voudraient voir prendre. Donc, je souhaite vivement que nous comprenions et que nous sachions qu’il faut que nous allions au dialogue dans l’état actuel des choses.

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